Viedemère ! les discriminations au travail

Selon un rapport, rendu public mi-septembre par France Stratégie  (organisme rattaché à Matignon), les discriminations sur le marché du travail, qui touchent d’abord les femmes, ont un coût important et leur réduction substantielle permettrait à l’économie de gagner entre 80 et 310 milliards d’euros.

Ce énième rapport ne semble pas émouvoir beaucoup le Medef qui a annoncé la semaine dernière son retrait d’un groupe de travail instauré en vue de l’élaboration d’un rapport  à la ministre du Travail. « Les orientations présentées dans ce rapport à ce stade sont très défavorables aux entreprises », a expliqué le Medef.

Fidèle à lui-même, le Medef entend que les entreprises restent maîtresses chez elles pour perpétuer cette inadmissible inégalité qui fait que les femmes cadres gagnent encore 27 % de moins que les hommes. Cela en contravention avec les textes français et européens. Le Medef qui refuse toute coercition ne s’émeut pas trop que 60 % des entreprises ne respectent pas l’obligation d’être couvertes par un accord égalité ou un plan d’action.

Peu importe donc pour Pierre Gattaz et ses amis que 4 femmes sur 10 ont constaté dans leur travail que la carrière de collègues femmes a été ralentie ou stoppée parce qu’elles ont des enfants. Un chiffre qui devrait aussi interpeller le gouvernement car il vaut autant dans le privé que dans le public.  Les raisons des écarts de rémunération sont connues.

Les femmes « subissent le temps partiel, font moins d’heures supplémentaires, bénéficient de moins de primes, travaillent dans des filières différentes (relations, soins) de celles des hommes (finances, production) », note Brigitte Laloupe dans son ouvrage « Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?

L’Ugict-CGT lance pour sa part une campagne visant à montrer les discriminations dont sont victimes les mères de famille au travail. Intitulée « #viedemère, avoir une carrière, c’est toute une histoire », cette campagne illustrée par des affiches et des tracts invite les femmes, mais aussi les hommes, à partager sur les réseaux sociaux les petites phrases entendues au quotidien et les situations vécues au travail, ces remarques plus ou moins explicites, intrusives, et violentes, qui font dire #VieDeMère !

 

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