Gestion des (des-)organisations, gestion des personnels

Les désorganisations s’amplifient au détriment du service public.

Les récentes réformes territoriales ont provoqué de multiples réorganisations de services et bouleversé les collectifs de travail.La forte augmentation de la pression au travail et des objectifs à la performance poussent de plus en plus d’agents à intérioriser les conflits éthiques et à s’interroger sur leur utilité.

La souffrance au travail augmente fortement et le risque de décompensation peut conduire à des drames humains. Les cadres hésitent à se faire aider et soutenir , notamment par les syndicats.

L’instrumentalisation et parfois la confiscation des compétences conduisent à la démotivation et à la démobilisation. Cela constitue à l’évidence un contresens par rapport aux valeurs et à la finalité du service public.

Les collectifs de travail sont déstabilisés par les objectifs qu’assignent les directions générales qui, même s’ils correspondent parfois, au moins en apparence, à des objectifs politiques affichés et légitimes , sont en contradiction avec les moyens qui sont alloués pour les satisfaire.L’autorité territoriale et les directions générales délèguent aux cadres les risques et les responsabilités en matière de santé et sécurité sans forcément les accompagner dans la mise en œuvre.Par ailleurs le fonctionnement devient « court-termiste » et ne promeut pas une autre conception de la qualité du travail, la cohésion du collectif et l’épanouissement au travail.

Des alternatives sont possibles, proposons -les !

Il est nécessaire de passer d’une administration centralisée, dans laquelle la gestion des organisations et la gestion des personnels génèrent de plus en plus de pression (pression des délais, intensification de la charge de travail) , et de gâchis économique et social, à une administration rénovée, communauté de travail permettant l’épanouissement au travail, la mise en œuvre des qualifications, le travail bien fait, donc l’efficacité économique et sociale.Il s’agit de redonner aux agents un rôle contributif.

La CGT revendique:

Des organisations de travail construites collectivement, avec tous les agents, sous l’impulsion des encadrants.

  • Reconnaitre le droit pour les agents d’énoncer des propositions alternatives, qu’elles soient retenues ou non.

Une évaluation autre que l’évaluation individuelle:

  • mettre en place une évaluation collective du travail avec les cadres et le collectif de travail, avec de nouveaux critères d’évaluation qui intègrent l’éthique professionnelle, l’impact sur l’environnement…
  • évaluer les objectifs des politiques publiques qui tiennent compte de critères définis collectivement.

Le fait de redéfinir et questionner la notion de « performance »

  • définir en amont des objectifs avec discussion collective des objectifs, du contenu et des moyens
  • anticiper sur les conséquences des décisions prises et favoriser l’efficacité d’intervention dans l’analyse du processus, des choix stratégiques
  • permettre des relations de travail de qualité
  • transformer des organisations visant l’efficacité (adéquation objectifs/ résultats) plutôt que la performance.
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