Une réforme de la fonction publique contre les femmes

Le gouvernement a rendu public son projet de réforme de la Fonction publique.

Au menu, la généralisation des « portes tournantes » et des allers/retours publics-privé. Le pantouflage était déjà au cœur des conflits d’intérêt et du recul de l’intérêt général chez les hauts fonctionnaires, on étend la logique à l’ensemble des directions en incitant au recrutement de contractuels. Ces mesures pénaliseront tous les agents mais auront un impact particulier sur les femmes, qui représentent 62 % des fonctionnaires.

La rémunération au mérite, ou comment augmenter les inégalités de salaire

Dans le privé, le 1er facteur explicatif de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes cadres, ce sont les primes et la part variable de la rémunération. La rémunération au mérite individualise le management et généralise la concurrence au sein des équipes. Faut-il demander aux femmes d’intégrer la logique dominante et d’écraser tous leurs collègues pour être les plus performantes, ou au contraire développer un management qui fait primer le travail en équipe ? Au-delà, la rémunération au mérite pose la question de l’indépendance des agent·e·s et de la définition de la performance : culte du chiffre ou qualité du service rendu ? L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique est de 19 %, contre 26 % dans le secteur privé. Un des principes du statut général des fonctionnaires est l’égalité, fondement essentiel d’égalité de traitement. Le gouvernement veut la casser… on n’arrête pas le progrès !

La supression des CHSCT : ou comment enterrer le seul outil de lutte contre le harcèlement et les violences

À l’image de ce qu’il vient de faire dans le privé, le gouvernement veut supprimer les CHSCT dans le public. Pourtant, ce sont les seuls outils de lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui ont la capacité de travailler des plans de prévention et d’accompagner les victimes.

Le développement des contractuel.le·s ou comment enfermer les femmes dans la précarité

Les femmes représentent 67 % des contractuel·le·s, elles ont été les premières pénalisées par la suppression des contrats aidés. Recherche, santé, accompagnement des handicapé·e·s… de nombreuses missions de service public reposent quasiment exclusivement sur les précaires. Au lieu de mettre en place un plan de titularisation des précaires, le gouvernement fait sauter les derniers verrous et veut élargir les motifs de recours aux contractuel·le·s.

Pour gagner l’égalité dans la fonction publique la CGT exige :

  • L’augmentation du point d’indice.
  • La mise en place d’une obligation de résultat en matière d’égalité salariale.
  • La revalorisation des métiers à prédominance féminine.
  • La mise en place d’un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

 

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